Consacrer une démocratie juridictionnelle

L’organisation des juridictions repose le plus souvent sur des décisions solitaires du ou de la cheffe de la juridiction. Nous considérons pourtant que ces décisions, qu’elles soient individuelles (affectations, permanences, commissions) ou organisationnelles (création de pôle, répartition des matières et des effectifs par chambre) ont un impact considérable sur le quotidien des juges, qui doivent y être étroitement associé·es et bénéficier d’une totale transparence sur les choix opérés. Nous souhaitons faire de l’assemblée générale, prévue deux fois par an, un lieu de décision sur l’organisation collective.

Renforcer la démocratie juridictionnelle, c’est aussi protéger les juges de toute immixtion directe ou indirecte dans leur fonction de juger, y compris lorsqu’elle provient de l’intérieur même de la juridiction. Alors que ces ingérences n’ont pas leur place dans un État de droit, elles existent, le plus souvent au nom de l’harmonisation de la jurisprudence. Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions et cette harmonisation ne peut résulter d’ordres ou d’incitations à juger dans un sens déterminé, dont il faut protéger les juges.

JACI propose des mécanismes concrets pour consacrer cette nouvelle démocratie juridictionnelle : en assurant un dialogue et une participation réelle des juges aux choix organisationnels, dont l’assemblée générale sera le moment privilégié ; en rendant publics les critères d’affectation et d’attribution des permanences, avec pour objectif prioritaire le respect de nos vœux ; en bannissant des pratiques devenues habituelles et pourtant inacceptables car elles portent atteinte à notre indépendance.

1- Nous revendiquons le droit pour les juges d’être associé▪es à l’organisation de nos juridictions

2- Nous militons pour encadrer et contrôler le pouvoir discrétionnaire des chefs de juridiction sur les affectations

3- Nous voulons prévenir toute immixtion dans la fonction de juger